Une journée de panne informatique : combien ça coûte vraiment à un cabinet ou une TPE ?
Par Arnaud, dépanneur informatique chez SosPC54

Lundi, 8 h 30. L'ordinateur du bureau reste sur un écran noir, ou tourne en boucle sur une mise à jour. Premier réflexe : « Combien va coûter la réparation ? » C'est pourtant souvent la plus petite ligne de la note. Le vrai coût, ce sont les heures payées pour rien, les rendez-vous décalés, les factures en retard et tout ce qu'il faudra ressaisir. Peu de dirigeants savent l'estimer : selon un baromètre de Cybermalveillance.gouv.fr publié en octobre 2025, 58 % des TPE et PME interrogées ne sauraient pas évaluer les conséquences réelles d'une cyberattaque sur leur entreprise. Voici la méthode, un exemple détaillé et de quoi réduire la note.
La méthode : six lignes à remplir avec vos chiffres
Imaginez une journée sans votre ordinateur principal.
- Le chiffre d'affaires perdu, pas celui qui est reporté. Celui d'une journée : votre chiffre annuel divisé par vos jours travaillés. Ne comptez que ce qui ne sera jamais rattrapé (une vente partie chez un concurrent, une séance annulée non remplacée), et seulement ce que vous auriez gagné, achats et fournitures déduits.
- Les rendez-vous à décaler : le temps passé à prévenir et à reprogrammer, et le risque qu'un client ne revienne pas.
- Les heures payées sans pouvoir travailler : personnes bloquées × heures perdues × coût horaire. Pour un salarié, c'est le salaire brut plus les cotisations patronales, divisé par les heures travaillées ; pour vous, ce que vous facturez de l'heure.
- Les retards de facturation et d'encaissement : entre professionnels, le délai de paiement convenu ne peut pas dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture (code de commerce). Facturer trois jours plus tard, c'est en général être payé trois jours plus tard : pas une perte, mais de la trésorerie en moins.
- Les données à ressaisir ou perdues : les heures de ressaisie depuis la dernière sauvegarde. Ce qui ne se ressaisit pas est perdu, alors que vos factures se conservent dix ans. Perdre des données personnelles (fichier clients, dossiers de patients) est aussi une violation de données : la CNIL demande de l'inscrire dans un registre interne, et de la lui notifier sous 72 heures en cas de risque pour les personnes.
- L'image auprès des clients : le devis promis qui n'arrive pas, le patient qu'on ne peut pas rappeler. Cela ne se chiffre pas, mais notez-le.
Ajoutez la réparation (intervention et pièce éventuelle). Votre coût = lignes 1, 2, 3 et 5 + réparation ; gardez à côté la trésorerie retardée et l'image.
Exemple chiffré : la journée noire d'une menuiserie (fictive)
Prenons une menuiserie du Grand Nancy, inventée de toutes pièces : un gérant, deux poseurs, une assistante. Le PC du bureau sert aux devis, aux factures, au planning et aux e-mails. Un lundi à 8 h, il ne démarre plus : le disque a lâché. Il est réparé dans la journée, mais la dernière sauvegarde date de dix jours. Hypothèses, toutes fictives :
- L'assistante coûte 22 € de l'heure à l'entreprise, cotisations comprises. Sans ordinateur, elle perd 6 heures : 6 × 22 € = 132 €.
- Le gérant facture 50 € de l'heure. Il passe 3 heures à gérer la panne et à décaler deux rendez-vous de devis : 3 × 50 € = 150 €.
- Dix jours à ressaisir à partir des e-mails et des papiers : 8 heures de l'assistante, 8 × 22 € = 176 €. Plus deux devis sans aucune trace, que le gérant refait en 2 heures : 2 × 50 € = 100 €.
- La réparation : une intervention de plus d'une heure, au prix de notre forfait L, 95 €, sans le disque.
- Trois factures (6 000 €) partent avec trois jours de retard et seront payées d'autant plus tard : de la trésorerie en moins, mais 0 € de perte.
- Les deux devis décalés : du chiffre d'affaires reporté, 0 €… tant que les clients ne vont pas voir ailleurs.
Total : 132 + 150 + 176 + 100 + 95 = 653 € pour une seule journée, sans compter le disque, le stress ni l'image. Notre contrat de maintenance coûte, lui, 40 € par mois pour ce poste, soit 480 € sur un an.
Même journée avec une sauvegarde automatique chaque soir, vérifiée chaque mois, et ce contrat : le disque lâche quand même, car aucun entretien ne garantit zéro panne. Mais il ne reste qu'une heure de ressaisie (22 €), aucun devis à refaire, et le dépannage est compris : 132 + 150 + 22 = 304 €. Sur cette seule panne, l'écart atteint déjà 349 €. Et le contrat couvre aussi les autres dépannages de l'année : faites le compte avec vos pannes réelles.
Les pannes les plus courantes dans une petite structure
La panne ordinaire est bien plus fréquente que l'attaque. En France, d'après Eurostat, environ une entreprise de 2 à 9 personnes sur dix (en 2021) et près d'une de 10 à 49 personnes sur cinq (en 2023) ont vu leurs services informatiques interrompus par une panne de matériel ou de logiciel : six à huit fois plus d'entreprises que celles arrêtées par une attaque extérieure, rançongiciels compris.
- Le disque, dur ou SSD, s'use et finit par lâcher, parfois sans prévenir.
- La mise à jour qui redémarre l'ordinateur au mauvais moment, ou qui échoue. Pas une raison pour les repousser : l'ANSSI, l'agence de l'État chargée de la cybersécurité, demande d'installer les correctifs de sécurité dès que possible.
- Le virus ou le rançongiciel. Le rançongiciel, qui chiffre vos fichiers et réclame une rançon, n'était que la 4e menace des entreprises et associations en 2025, mais reste « la plus redoutable et la plus impactante », selon Cybermalveillance.gouv.fr. Et 29 % des TPE et PME victimes d'un incident en un an ont subi une interruption d'activité, selon le baromètre.
- La coupure de courant : sans onduleur, elle éteint net un ordinateur fixe. Le travail non enregistré est perdu, et un arrêt brutal peut aussi abîmer des données, prévient Schneider Electric, fabricant des onduleurs APC.
- Le matériel vieillissant : Windows 10 n'est plus pris en charge depuis le 14 octobre 2025 ; seuls les PC inscrits au programme de mises à jour étendues (ESU), payant pour les entreprises, reçoivent encore ses correctifs, pour un temps limité. Pour l'ANSSI, ce qui ne peut plus être mis à jour doit être remplacé.
Faire baisser la note, avant la panne
- Une sauvegarde automatique, et testée : dans l'exemple, c'est elle qui pèse le plus. Réglez son rythme sur votre calcul : si une journée de ressaisie coûte trop cher, sauvegardez chaque soir. L'ANSSI recommande de tester régulièrement la restauration, et de sauvegarder aussi les licences et les fichiers d'installation de vos logiciels. Voir notre article sur la règle du 3-2-1.
- Un onduleur pour les ordinateurs fixes et la box : sa batterie prend le relais pendant une coupure et, relié au PC avec son logiciel, il l'éteint proprement tout seul. Voir nos onduleurs installés chez vous.
- Des mises à jour suivies : dans Paramètres, Windows Update, « Options avancées », réglez les « Heures d'activité » sur vos horaires : Windows évitera autant que possible de redémarrer pendant ce créneau. Laissez les portables branchés quand ils ne servent pas, comme le conseille Microsoft, et consultez de temps en temps l'« Historique des mises à jour ».
- Votre assurance : selon les contrats, elle peut couvrir la perte d'exploitation après une cyberattaque, rappelle l'ANSSI ; mais l'indemnisation d'un professionnel suppose une plainte dans les 72 heures suivant sa découverte (article L12-10-1 du code des assurances).
- Un suivi régulier, c'est le rôle d'un contrat de maintenance : quelqu'un qui vérifie chaque mois que les mises à jour passent et que la sauvegarde fonctionne vraiment.
Un plan B écrit, sur une seule page
Près des deux tiers des TPE et PME (65 %) déclarent n'avoir aucune procédure de réaction en cas d'attaque informatique, selon le même baromètre. Imprimez une page, rangez-la hors de l'ordinateur et relisez-la chaque année :
- Qui appeler : votre dépanneur, l'assistance de votre logiciel métier, votre opérateur internet, votre assureur, votre banque et, en cas de cyberattaque, le 17Cyber (17cyber.gouv.fr), service public gratuit d'assistance en ligne, ouvert 24 h/24.
- Où sont les sauvegardes, et comment les restaurer.
- Où sont les codes : vos mots de passe dans un coffre-fort de mots de passe, de préférence certifié par l'ANSSI ; en lieu sûr, les codes de récupération de vos comptes et la clé de récupération BitLocker (le chiffrement de Windows) de chaque ordinateur, que Windows peut réclamer au démarrage et que le support de Microsoft ne peut pas retrouver : sans elle, il faut réinitialiser l'ordinateur, ce qui efface tous les fichiers.
- Comment continuer à travailler : un ordinateur de secours tenu à jour, ou de quoi « retourner au papier et au crayon », comme l'ANSSI invite à s'y préparer.
Le jour J : ce qu'il ne faut surtout pas faire
- Relancer sans fin un disque qui fait un bruit inhabituel : c'est probablement une panne physique. Seagate conseille d'éteindre aussitôt, sans remettre sous tension, et de ne pas tenter de réparation soi-même : les dégâts peuvent devenir irréversibles.
- Installer ou enregistrer quoi que ce soit sur le disque qui contenait les fichiers perdus : chaque écriture peut écraser ce que vous cherchez.
- Tout ressaisir de mémoire avant d'avoir vérifié la date de la dernière sauvegarde et essayé de la restaurer, si possible sur un autre ordinateur.
- Appeler le numéro d'une fenêtre d'alerte qui annonce un virus : c'est l'arnaque au faux support technique. N'appelez pas, insiste Cybermalveillance.gouv.fr.
- Payer une rançon, ou éteindre les ordinateurs touchés : l'ANSSI demande de les déconnecter d'Internet sans les éteindre ni les modifier, de ne jamais payer, et de porter plainte.
On s'en occupe avec vous
Nous intervenons chez vous ou dans vos locaux, à Nancy et dans tout le Grand Nancy : diagnostic, remplacement du disque, réinstallation, puis sauvegarde automatique et onduleur réglé pour éteindre le PC tout seul. Le dépannage à domicile, c'est notre forfait S, 50 € jusqu'à une heure, ou le forfait L, 95 € au-delà (prix nets, TVA non applicable). Si le disque est abîmé physiquement, nous vous mettons en relation avec un laboratoire spécialisé (salle blanche), qui vous facture directement : voir notre page récupération de données. Avec le contrat de maintenance, à 40 € par mois et par poste, nous venons chaque mois faire les mises à jour, vérifier la sécurité, nettoyer et contrôler vos sauvegardes ; les dépannages sont compris, le jour même si vous appelez avant 14 h, au plus tard le lendemain sinon, et la main-d'œuvre aussi quand une pièce doit être changée (la pièce reste à votre charge). Le diagnostic par téléphone est gratuit : appelez-nous au 06 69 61 02 73.
Sources : Cybermalveillance.gouv.fr, baromètre de la maturité cyber des TPE-PME (octobre 2025) et résultats complets, rapport d'activité 2025 (26 mars 2026), 17Cyber et arnaques au faux support technique ; Eurostat, incidents de sécurité informatique et conséquences (données mises à jour le 15 juin 2026) et communiqué du 11 février 2025 (en anglais) ; ANSSI, la cybersécurité pour les TPE/PME en 13 questions (décembre 2024) ; CNIL, les violations de données personnelles ; Légifrance, article L441-10 du code de commerce et article L12-10-1 du code des assurances ; Entreprendre.Service-Public, durée de conservation des documents de l'entreprise ; Microsoft, fin du support de Windows 10, programme ESU pour Windows 10, redémarrages et heures d'activité, Windows Update : FAQ et rechercher votre clé de récupération BitLocker ; Seagate, en cas de perte de données ; Schneider Electric, alarmes d'un onduleur Back-UPS d'APC.