Faux support technique : reconnaître l'arnaque et réagir
Par Arnaud, dépanneur informatique chez SosPC54

Mise à jour du 17 octobre 2026. Article revu et complété : chiffres 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, démarches pour se faire rembourser, nouvelles règles sur le démarchage et les numéros usurpés.
« Votre ordinateur est infecté, nous allons le réparer » : le faux technicien de Microsoft ou d'Apple est l'une des arnaques les plus répandues en France. En 2025, Cybermalveillance.gouv.fr a reçu environ 18 000 demandes d'assistance de particuliers à son sujet, 39 % de plus qu'en 2024 : relancée début 2025 après une pause due à des actions judiciaires, elle se classe au 4e rang des menaces qui touchent les particuliers. Elle vise les ordinateurs, surtout ceux des seniors, et le préjudice va de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Comment opèrent ces escrocs ?
- Une fausse alerte, le plus souvent : une page plein écran annonce que l'ordinateur est bloqué, parfois avec un message sonore et des fenêtres qui s'ouvrent en boucle, et affiche le numéro d'un prétendu support Microsoft ou Apple. Elle surgit surtout après un clic sur un contenu sponsorisé : premiers résultats d'une recherche, publicité, titre racoleur, publication Facebook. Pour fermer ces alertes sans danger, voir notre article sur les techscams.
- Un appel direct d'un faux technicien, plus rarement un e-mail, un SMS ou un message dans une fenêtre de discussion. Le numéro qui s'affiche peut être falsifié.
- Ensuite, le scénario se répète : prise en main de l'ordinateur à distance, faux dépannage, « abonnement » de quelques centaines d'euros, puis paiements répétés sous prétexte que les premiers « auraient échoué ». Certains escrocs tentent aussi d'accéder aux comptes bancaires.
- En entreprise, le piège prend la forme d'un faux service informatique qui contacte un salarié par Microsoft Teams, parfois juste après l'avoir noyé sous des e-mails indésirables, puis lui fait ouvrir une session d'Assistance rapide. Selon Microsoft, le faux support informatique était encore, au 2e trimestre 2026, le leurre le plus utilisé sur Teams. Teams demande d'ailleurs d'« accepter » ou de « bloquer » une discussion venue d'une autre organisation : dans le doute, bloquez, et vérifiez auprès de votre informaticien par un moyen habituel.
La règle d'or
Microsoft le rappelle : il ne vous appelle pas et ne vous écrit pas sans que vous l'ayez demandé, ses vrais messages d'erreur n'affichent jamais de numéro de téléphone, et il ne demande jamais d'être payé en cryptomonnaie ni en cartes cadeaux. Apple tient le même discours. Face à un appel non sollicité : raccrochez. Face à une alerte qui affiche un numéro : n'appelez pas.
Un logiciel de prise en main à distance n'est pas dangereux en soi : nous utilisons nous-mêmes TeamViewer pour dépanner nos clients sous contrat. La différence tient à qui appelle qui. Comme le dit Microsoft pour son outil Assistance rapide, n'acceptez une prise en main que si c'est vous qui avez contacté le support, à un numéro que vous connaissez, et coupez la session au moindre doute.
Vous êtes tombé dans le piège ? Les bons gestes
- Reprenez la main sur l'ordinateur : désinstallez le logiciel de prise en main installé à la demande de l'escroc (AnyDesk, TeamViewer…), faites une analyse antivirus et faites-vous aider par un professionnel. En entreprise, prévenez tout de suite votre service informatique.
- Changez vos mots de passe, en commençant par la messagerie et la banque.
- Prévenez votre banque sans attendre : faites opposition (auprès de votre banque ou au 0 892 705 705, numéro surtaxé, 24 h/24) et demandez l'annulation ou le remboursement des paiements.
- Portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou par courrier au parquet de Paris (section J3, cybercriminalité), avec un maximum de preuves : numéros, relevés, factures, horaires, nom du logiciel utilisé.
- Faites-vous accompagner : Info Escroqueries au 0 805 805 817 (gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30), France Victimes au 116 006, et le site 17Cyber (17cyber.gouv.fr), lancé en décembre 2024 par la police, la gendarmerie et Cybermalveillance.gouv.fr : un diagnostic en ligne à toute heure, et un échange avec un policier ou un gendarme si les faits sont graves. Vous pouvez aussi signaler l'arnaque à Microsoft (microsoft.com/reportascam).
Serez-vous remboursé ? Tout dépend de la nature du paiement. S'il a été fait sans votre accord (l'escroc a utilisé votre carte ou vos accès bancaires), la banque doit vous rembourser immédiatement, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable, si vous le signalez dans les 13 mois ; elle ne peut refuser qu'en prouvant une fraude ou une négligence grave de votre part, et elle ne peut pas exiger une plainte avant d'étudier votre demande. En revanche, un paiement que vous avez vous-même autorisé, comme un « dépannage » réglé à l'escroc, n'ouvre droit à aucun remboursement prévu par la loi : il reste l'action en justice contre le bénéficiaire. Raison de plus pour ne jamais payer au téléphone.
Ce qui change en 2026
- Démarchage téléphonique : depuis le 11 août 2026, une entreprise ne peut plus vous appeler pour vous vendre quelque chose sans votre accord préalable, sauf contrat en cours. Les escrocs n'en tiennent évidemment pas compte.
- Numéros usurpés : depuis octobre 2024, les opérateurs authentifient les numéros français, et depuis le 1er janvier 2026, un appel venu de l'étranger qui se présente avec un numéro de mobile français non authentifié s'affiche masqué, et s'il se présente avec un numéro fixe français non authentifié, il est coupé. Mais des contournements existent : les signalements d'usurpation reçus par l'Arcep sont passés de 531 en 2023 à plus de 19 000 en 2025. Un numéro qui s'affiche ne prouve donc rien.
- Microsoft contre-attaque : son outil Assistance rapide affiche désormais un avertissement et bloque en moyenne 4 415 tentatives de connexion suspectes par jour ; en mai 2025, il a aidé les autorités indiennes à démanteler un réseau qui se servait de l'intelligence artificielle pour fabriquer ses fausses fenêtres d'alerte.
Un appel suspect, une fausse alerte, ou un accès déjà accordé à un inconnu ? Appelez-nous au 06 69 61 02 73 : le diagnostic par téléphone est gratuit. Nous vérifions votre ordinateur, retirons ce que l'escroc a installé et vous aidons à sécuriser vos comptes, à Nancy et dans tout le Grand Nancy. Pour savoir précisément ce qu'il a fait sur la machine, pour une plainte ou votre assurance, notre expertise informatique reconstitue l'activité de l'ordinateur sans le modifier.
Sources : Cybermalveillance.gouv.fr, rapport d'activité 2025, fiche réflexe sur le faux support technique et communiqué avec Microsoft et le parquet de Paris (juillet 2025) ; Microsoft, escroqueries au support technique, Cyber Signals n° 9, démantèlement de juin 2025, faux support sur Teams et menaces du 2e trimestre 2026 ; Apple ; Service-public.gouv.fr, fraude à la carte bancaire et démarchage téléphonique ; article L133-18 du Code monétaire et financier ; Banque de France, fraude aux moyens de paiement ; Arcep, communiqué de janvier 2026 ; 17Cyber ; Police nationale, Info Escroqueries.